Y'avait le plan :
Polynésie du 13 mars au 02 avril, Nouvelle Calédonie du 17 avril au 2 mai, puis un passage en France fin mai pour aller passer une audition pour un poste à l'
IRD.
Et dès le début, ça a merdé.
Mais bien. Dans les grandes largeurs.
Ça a commencé le 13 mars, donc. Où j'ai pris l'avion pour Tahiti via Brisbane et Auckland (en Nouvelle Zélande). Arrivée à Brisbane, je me pointe à l'enregistrement, et là, la dame me fait remarquer qu'un coin de la photo de mon passeport est détaché. En fait, le plastique était fissuré à l'endroit où la photo a été collée. Et du coup, elle appelle son chef, qui me dit que non, je ne peux pas monter dans l'avion avec un passeport dans cet état. Entre temps, le truc passe de mains en mains, et est de plus en plus plié. A la fin, ça ressemble vraiment plus à rien.
J'ai eu beau argumenter que si j'avais falsifié mon passeport, je n'aurais pas laissé un coin détaché, et que de toute façon je vais en France, où je pourrai le faire refaire, pas moyen, puisque je passe par la Nouvelle Zélande, c'est niet.
J'ai arrêté d'argumenter quand le gars m'a dit qu'en théorie, il devrait me signaler aux services de l'immigration, parce que bon, comme mon passeport n'est plus valide, mon visa non plus...
S'en sont suivis deux heures avec le gars de l'agence de voyage pour modifier mon billet, et me trouver un moyen de rentrer chez moi, vu qu'on était samedi et que le consulat et l'ambassade étaient fermés.
Bilan de la journée : je me suis levée à l'aube, j'ai fait 3000 bornes en avion, pour me retrouver à 21h à... Townsville, le point de départ, claquée, et un tout petit peu stressée. Su-per !
Le lundi, j'ai finalement pu avoir quelqu'un au consulat, qui m'a dit qu'on pouvait me faire un passeport temporaire en urgence, à condition que je passe par Sydney pour que l'on puisse y prendre mes empreintes digitales. Question distance par rapport à la France, c'est un peu comme si tu devais aller chercher ton passeport à Kiev... Pratique, donc.
Le temps de vérifier auprès de la préfecture du Nord que mon passeport tout pourri n'est pas un faux fabriqué par un CE2 manchot (parce que bon, un faussaire qui laisse un coin de la photo décollée, ça fait quand même pas super pro...), l'autorisation d'émettre le nouveau passeport a été donnée le mercredi, et je suis donc allée à Sydney le jeudi, pour prendre l'avion pour Tahiti le vendredi. Un tout petit peu stressée, j'étais, quand même, qu'il y ait une couille dans le potage à un moment donné... Mais tout s'est finalement bien passé, et j'ai donc finalement pu arriver à Moorea avec une semaine de retard, et donc prévoir un retour à Townsville le 10 au lieu du 3 avril.
Je n'avais donc plus qu'une semaine entre mes 2 missions, mais bon, ça allait être gérable.
Et là, deuxième effet kiss cool.
En décembre, j'avais envoyé un dossier pour un concours pour un poste de chargé de recherche (comprendre chercheur) au CNRS. En fait, je savais que j'avais très peu de chances de l'avoir, compte tenu de la compétition qui règne sur ce genre de concours. Et d'ailleurs, il y avait un candidat meilleur que moi qui était pressenti, donc je n'avais pas l'intention d'aller à l'entretien. Mais bon, le poste était fléché "récifs coralliens", alors j'ai rempli un dossier un peu entre le foie gras et la bûche, pendant mes vacances de Noël en France, au cas où. Facile, bien sur le dossier. Du genre "qu'est ce que tu vas faire comme recherche dans les 40 prochaines années?", en 25 pages. J'avais envoyé le bordel à 2h du mat la veille de reprendre l'avion pour l'Australie, sans que personne n'ait eu le temps de le relire.
Sauf qu'entre temps, le gars en question (qui est un pote et se reconnaitra) a obtenu un autre poste, toujours au CNRS, et donc ne maintiendra pas sa candidature pour le poste sur lequel j'avais déposé un dossier. Ce qui change un peu la donne... Il y a certes d'autres candidats, mais face auxquels j'ai davantage mes chances.
Donc retour en France pour une audition à Paris... le 14 avril.
Ce qui veut dire que je rentre à Townsville le 10 à 19h, et que je repars pour la France le 11 à 19h !
24 heures chrono pour refaire un sac, faire un bisou à mon amoureux, et gérer 2-3 trucs par rapport au déménagement.
Et comme c'est quand même pas la porte à côté et que je dois toujours passer le concours IRD, je vais rester jusqu'à fin mai... soit un mois et demi.
J'en connais un qui est ravi ravi, mais bon, c'est pour la bonne cause.
Et du coup, la mission Calédonie, ben c'est quand j'aurais le temps...
Bilan, je bosse l'oral entre deux plongées, et me prépare à un marathon avionnesque : 33 heures de vol et 30 heures d'escale à errer dans les aéroports en 3 jours et demi.
Oh, pinaise, j'aurais jamais du calculer ça, moi ! Ça me déprime rien que d'y penser !