Des fois, on ferait mieux de rester à la maison. Et hier, je crois que ça valait pour tous les colocs.
Hier, donc, on était en alerte météo à cause d’un cyclone qui passait sur le nord de l’Australie. On se prenait donc la queue du cyclone. C'est-à-dire des pluies torrentielles, des vents à décorner les bœufs, et 10°C de moins dans la tronche.
On se lève, je vais à la fac avec Pablo, un thésard Colombien de Perpignan, en transit pour la Papouasie Nouvelle-Guinée (mais si, c’est facile à suivre). Hugo décide de prendre sa voiture parce qu’il a des trucs à faire en chemin, et Becks prend la sienne aussi parce qu’elle a proposé à ses potes qui vont habituellement à la fac à vélo de les prendre en passant.
Je me décide à aller visiter une maison entre midi et deux. En général, ici, on visite tout seul, ce qui veut dire qu’on passe à l’agence, on récupère les clefs, et on a une heure pour visiter et ramener les clefs. Me voilà donc partie à Kirwan, au sud-est de Townsville. Avec la voie rapide, c’est rapide (non sans blague) de la fac. J’avais appelé avant pour être sure qu’ils avaient bien la clef. Sauf qu’arrivée sur place, on me dit que la clef est bien disponible à l’agence, mais à celle du centre ville. Et qu’on est désolé, que c’est une erreur sur le site internet, qui donne l’adresse de Kirwan et le numéro du centre ville. Donc la dame que j’ai eue au téléphone, elle m’a dit « à l’agence » en parlant de l’agence où elle était.
Je rumine un peu, me demande si je ne vais pas retourner à la fac, et puis zut, me revoilà partie à l’agence du centre ville. A l’autre bout de la ville, bien sur.
Et là, ça a commencé à vraiment bugger. D’abord parce que les rues étaient de plus en plus inondées. Ensuite parce que Hugo m’appelle sur mon portable pour me dire qu’il est en panne près de la fac, et que ce serait bien que je vienne le chercher… Ah ben oui, mais là, c’est pas trop possible, je suis pas exactement dans le coin… Pas grave, quelqu’un d’autre devrait pouvoir le récupérer.
J’arrive à l’agence, où on me donne un trousseau avec au bas mot 25 clefs. Je conduis jusqu’à la maison à visiter. J’essaie d’ouvrir la porte sous des trombes d’eau (et note mentalement au passage que la terrasse, y’a pas de toit dessus). Pour finalement ne pas y arriver. Aucune des 25 clefs n’ouvre cette foutue porte !!
Je fais donc le tour du jardin marécage (oh, j’ai de l’eau jusqu’à mi-mollets, super), pour finalement réussir à ouvrir la porte de derrière. La maison est pas mal. Enfin, si on fait abstraction des bruits de voiture de la route super passante et limitée à 70km/h dans laquelle elle se trouve. Et sur laquelle on a une magnifique vue depuis la terrasse. Bref, ça va pas être possible. C’est comme d’habiter en bordure de nationale. Sauf qu’en milieu tropical, le triple vitrage, ça sert pas à grand-chose puisque les fenêtres sont ouvertes.
Me revoilà partie à l’agence, prenant 2 douches au passage (A/R voiture – agence). Puis je me dis qu’il faut que je repasse à la maison prendre des trucs secs sinon je vais finir congelée dans mon bureau-frigo. En même temps, c’est pas très loin de l’agence.
J’arrive à la maison, je rentre, je vais dans ma chambre récupérer un t-shirt et des chaussettes secs, je repars en sens inverse, et glisse sur une flaque d’eau. Comment ça, une flaque d’eau au milieu du salon ?? Non, en fait, c’est pas une flaque, c’est carrément le lac Baïkal !!! Une fenêtre n’était pas fermée (au dessus du canapé, bien sur), et la porte fenêtre à côté fuit joyeusement. Super…
Je referme les fenêtres, j’éponge tant bien que mal, et je me dis que finalement, je vais peut être rester là. Et là je réalise que Beck a plein de gens dans sa voiture. Et que celle de Hugo est en panne. Et que donc, si je ne retourne pas à la fac, Hugo et Pablo sont bons pour rentrer à pieds…
Donc me revoilà partie à la fac. Où l’on m’apprend que je devrais pas trop traîner à repartir si je veux pouvoir rentrer, parce que ça commence à être inondé sévère, et qu’ils risquent de couper la route.
Du coup, j’ai sonné le rappel, et on est repartis à la maison du bonheur.
Où on s’est fait un méga goûter (oui, inutile de vous dire que je n’avais pas vraiment eu le temps de manger à midi, bizarrement), à base de brioche aux abricots secs (que je me suis félicitée d’avoir préparée la veille) trempée dans du chocolat chaud…
Ce qu’on aurait du faire depuis le début, en fait.
3 commentaires:
Tu fais des brioches aux abricots secs, tu sauves le salon de la noyade complète, tu ramènes les égarés. C'est SuperLucie. Ils vont vraiment te regretter à la maison du bonheur quand tu auras trouvé votre maison.
Ne jamais lutter contre les éléments ! JA-MAIS ;-) !
Bisous Lu
Finalement on n'est pas trop mal ici, on caille mais on est à l'abri des queues de cyclone ! Il te reste un bout de brioche à m'envoyer par fax ?
Bizzzz :)
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