Me voilà de retour à la maison du bonheur. Et au premier décembre, a officiellement débuté ici la saison des orages. Un peu ce qu’ils appellent la saison des cyclones dans les Caraïbes, mais ici ils sont de nature plus optimiste, donc ils préfèrent dire orage que cyclone (à moi ça me va, si je peux éviter l’expérience tropicale ultime du cyclone, je demande pas mieux).
Lundi matin, vers 4h30, j’entends les oiseaux qui commencent à brailler (oui, le truc un peu pas bonheur à la maison du bonheur, c’est que les animaux du bonheur – chauves souris géantes, oiseaux, possums et autres perroquets – sont un peu bruyants, en particulier la nuit). C’est un peu tôt, 4h30 pour que les oiseaux commencent à crier (oui, à ce stade là, on peut pas dire chanter… si j’ai le courage un de ces 4, je vous enregistrerai les cris desdits oiseaux, mais comme ils n’hurlent que le matin, j’ai pas trop le courage de dégainer mon mp3 pour enregistrer, je pense généralement plutôt à m’enfoncer les boules quiès dans les oreilles avant de me rendormir). D’habitude, c’est juste avant le coucher du soleil, vers 5h30.
Je ronchonne donc intérieurement sur le fait qu’ils sont fous ces oiseaux australiens, non mais c’est pas possible, quand je perçois un éclair à travers mes paupières fermées, et que j’entends un énooorme coup de tonnerre. Un quart d’heure après, il pleuvait littéralement des cordes. A l’horizontale, tellement y’avait de vent.
Du coup, branle bas de combat, on s’est tous retrouvés en pyjama (ah, tiens, t’es réveillé, toi aussi ? ben ça alors), à fermer toutes les fenêtres et portes de la maison, qui sont nombreuses, et toujours ouvertes pour faire un peu d’air.
Avec ce vacarme, pas trop moyen de me rendormir (malgré les boules quiès). Mais j’ai du finir par y arriver, puisque à un moment je me suis réveillée. Une heure plus tard que prévu, c'est-à-dire à l’heure où j’avais donné rendez vous à Loïc pour qu’on parte ensemble à la fac. Oups. En fait, on avait plus d’électricité, donc accessoirement plus de réveil. Et je ne le savais pas encore, mais Loïc étant en train d’éponger les inondations chez lui, il n’était pas non plus exactement prêt à aller bosser, là tout de suite.
Je pars donc pour la fac, espérant qu’il y aura de l’électricité là bas. Je remarque au passage que mon réservoir est vide et qu’il va falloir que je fasse le plein, ce qui va encore me retarder un peu plus (en fait j’ai voulu faire le plein samedi mais la pompe était fermée).
Premier carrefour, le feu ne fonctionne pas. Bon, y’a des travaux sur cette route, ça doit être à cause de ça.
Deuxième carrefour, oh, les tranchées creusées par les ouvriers (les fameux travaux) sont pleines d’eau.
Troisième carrefour, toujours pas de feu, mais des policiers, habillés en jaune fluo qui agitent les bras dans tous les sens pour faire la circulation. Le carrefour étant énorme, pas question de faire les petits gestes qu’on voit habituellement en Europe. Je me dis que les pauvres, ils doivent être crevés à faire toutouyoutou toute la matinée.
Je m’arrête à la pompe. Oh, ben elle est fermée.
Deuxième pompe, fermée aussi.
Au bout de la quatrième, j’ai du me rendre à l’évidence, y’a pas d’électricité non plus dans le coin, et les pompes à essence, ça marche pas à l’énergie solaire.
Re-oups.
Enfin, j’ai pu atteindre la fac, où il y avait de l’électricité, et j’ai même pu faire de l’essence le soir en rentrant (j’avais appelé avant, quand même, pour être sure) et ainsi éviter le coup de la panne.
La maison du bonheur n’a subi aucune inondation, même pas à la cave. Mais après ça, on comprend mieux pourquoi les maisons locales (les queenslanders) sont construites sur des espèces de pilotis et qu’on habite à l’étage…

Et du coup, je me dis qu'on va plutôt choisir une maison à l'ancienne, quand Bastien arrivera, et que l'on quittera la maison du bonheur.